Dire, traduire, transmettre le génocide et l’exil , Editions Hermann, 2020

Sous la direction de MC Saglio-Yatzimirsky

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION

Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky – Dire le désastre : adresser et attester

PREMIERE PARTIE – Récits génocidaires : dire et transmettre le désastre

Jean-Yves Potel – La violence de la faim, Le Journal d’Irena Hauser dans le ghetto de Lodz (1942)

Janine Altounian – Le génocide arménien, une impossibilité d’histoire en attente d’un possible récit 

Soko Phay – « Je me souviens des premiers morts » de Rithy Panh, témoin-survivant du génocide cambodgien

Catherine Géry – Babi Yar : Le récit poétique et musical contre l’effacement 

Florence Prudhomme – Les cahiers de mémoire – Rwanda, histoire et thérapie, récit et mémoire.  

DEUXIEME PARTIE- Le récit des exilés contemporains : entendre le récit et interpréter le désastre  

Eugénia Vilela – Les corps de l’errance. Récit, Violence et droit

Roberto Beneduce – Récits-frontières. Les « maux-à-mots » de la migration ou les calligrammes de l’histoire

Marie Vrinat-Nikolov – Sans terre et sans nom : les Turcs exilés de Bulgarie écrivent le « processus de renaissance » et « la grande excursion » (1985-1989) 

Elise Pestre –  Troubles dans la traduction : quand l’interprète est mis à l’épreuve des récits de violences des sujets exilés

Hala Ghannam Trefi –  Faire le récit d’asile :  violence et médiation 

TROISIEME PARTIE –  Les cadres du récit : soutenir le récit et résister au désastre

Laure Wolmark – Transmettre pour exister : la fonction des récits traumatiques

Bertrand Piret –  Spécificités de l’écoute psychanalytique de la violence  

Christine Davoudian – Au sortir de l’enfer : réapprendre à parler  

Raffaela Cucciniello –  La traversée des apocalypses culturelles : une clinique de l’exil

Alessandro Triulzi – Les mots pour le dire : un « cercle narratif » avec des arrivants somaliens à Rome 

Face au désastre, peut-il y avoir un récit ? Au sortir du camp de Buchenwald, à l’heure des dizaines de milliers de morts en Méditerranée, que dire, que traduire, que transmettre ? Le récit peut-il prendre forme lorsqu’il s’agit d’attester du mal et de la cruauté, dont la conflagration mine l’écrit ? La violence empêche le récit lorsque les mots manquent radicalement pour dire l’expérience génocidaire ou exilique. Elle l’abîme, tant sa transmission et son écoute sont hypothéquées par le déni et le silence de la société qui le recueille. À travers l’étude de plusieurs formes de récits – chroniques de ghetto, récits de guerre ou poèmes et fictions – émerge l’inconscient de l’Histoire qui ne cesse de traduire les expériences de domination et de persécution de populations marginalisées. Comment décentrer la violence pour rendre le récit audible ? Les dispositifs d’écoute, d’interprétariat et de transmission se renouvellent. Ce livre apporte une lecture inédite des récits de violence, en proposant un parallèle entre les violences génocidaires et les exils contemporains dans une perspective résolument pluridisciplinaire.